Tisser l’agentivité : le geste textile comme savoir situé et puissance féminine décoloniale
Cette séance propose une exploration du geste textile comme espace d’agentivité, de savoir incarné et de résistance féminine décoloniale. À partir d’une démarche de recherche-création ancrée dans les épistémologies africaines, elle montre comment les gestes lents — coudre, tresser, nouer, draper, plisser — deviennent des formes de pensée, de mémoire et de transmission. En mobilisant des matériaux tels que le wax, le Ndop, la terre rouge ou les cauris, le textile se révèle comme un lieu de mémoire où se tissent histoire collective, et affirmation politique. La séance s’adresse aux chercheur·euses, artistes, étudiant·es et praticien·ne·s intéressé·e·s par les méthodologies décoloniales, les savoirs situés, les pédagogies critiques, les approches sensibles de la recherche et les pratiques féministes africaines. Elle offrira un espace réflexif nourri d’éléments visuels et de fragments textiles permettant de percevoir concrètement et symboliquement la dimension incarnée du processus créatif. Les participant·e·s découvriront la méthode Məyād, une méthodologie féministe développée dans le cadre de mon doctorat et inspirée d’une cosmologie bantoue de la fertilité. Fondée sur la lenteur, le soin et la résonance entre corps, matière et pensée, Məyād propose le geste textile comme méthode de production de connaissances et comme voie de réhabilitation des savoirs situés. Ils et elles repartiront avec une compréhension renouvelée du textile comme vecteur de savoir, une réflexion critique sur les normes productivistes de la recherche académique et une ouverture vers des pratiques décoloniales, écoféministes et sensibles. Cette séance invite à reconnaître l’art textile comme un lieu d’émancipation, de guérison et de revalorisation des voix féminines africaines.